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Les recettes de la victoire d’Obama

Les recettes de la victoire d’Obama: une passionnante étude de Terra
> Nova le 20 janvier 2009 par Renaud Revel
>
> http://blogs.lexpress.fr/media/2009/01/les-recettes-de-la-victoire-do.php
>
> extraits:
> … »Mais une telle *campagne charismatique* pose des problèmes. Si elle
> mobilise, elle est aussi *clivante* : il y a les « fans », les «
> adorateurs » qui suivent la rockstar, ou le gourou ; et il y a les
> autres, qui s’inquiètent de cette hyper-personnalisation d’« /Obama
> first /».
> *Le coup de génie de la campagne Obama, c’est d’être sorti de cette
> campagne charismatique pour basculer vers un nouveau modèle de campagne
> : la campagne de cause, de type caritatif.*
> La personnalité d’Obama s’efface derrière la cause du changement : ce
> n’est plus « /vote for Obama », /c’est « /vote for change ». //« Change
> has come to America »/. *La clé de la campagne de cause, c’est
> l’appropriation : les électeurs deviennent acteurs du changement*. La
> texture du message, d’une rare capillarité, permet cette appropriation.
> Le changement est une notion suffisamment large et polysémique pour
> permettre à chacun d’y mettre sa propre vision du changement. Pour
> réaliser cette appropriation, *le narratif de la campagne glisse du « je
> » au « nous » *:
> « /yes we can /». De manière très symbolique, le site internet de Barack
> Obama met en exergue dans sa bannière ces mots du candidat : «/Je vous
> demande de croire. Non pas seulement en ma capacité d’apporter un
> véritable changement à Washington. Je vous demande de croire en votre
> propre capacité »/. *Chacun devient un héros du changement.*
> ….
> Les outils internet sont utilisés avant tout pour recruter les
> sympathisants et organiser le militantisme, moins pour communiquer aux
> électeurs. Par exemple, *la campagne Obama n’envoie jamais un SMS ou un
> e-mail à une personne qui ne les leur a pas expressément donnés.*
> ….
> Les « réseaux sociaux » sont utilisés comme terrain de recrutement. Dans
> les campagnes traditionnelles, pour participer, il faut se rendre à la
> section de son domicile, ou prendre contact avec le siège de campagne.
> Cela nécessite une telle énergie que 95% des bonnes volontés sont
> perdues. Même l’inscription via le site internet du parti ou de la
> campagne nécessite encore une démarche active. La stratégie de la
> campagne Obama renverse la logique : il ne faut pas attendre que les
> supporters viennent à la campagne, il faut aller aux supporters. « /Go
> where the people are ». /Or les gens sont désormais sur les réseaux
> sociaux d’internet (/Facebook/, /MySpace/, mais aussi les réseaux
> communautaires comme /BlackPlanet, AsianAve, MyBatanga /ou /MiGente/).
> C’est pourquoi la campagne y nidifie : en utilisant les réseaux
> d’internet les plus « liquides » et les plus « viraux », la campagne
> d’Obama a pu mobiliser à une large échelle. *
> …
> *
> D’autres outils sont utilisés. *Les SMS* : la campagne Obama a collecté
> 1.3 million de téléphones mobiles. Et les e-mails : 13 millions. Elle
> les utilise en abondance, mais essentiellement pour la communication
> avec les militants et les sympathisants : informations de campagne,
> annonce des évènements, organisation de la campagne de terrain, etc.
> …
> *Reste enfin un outil exceptionnel : la base de données /Catalist. /*
> Barack Obama a réussi le rêve orwellien de tout candidat américain :
> ficher l’intégralité du pays. Les Républicains s’étaient lancés dans
> cette entreprise à partir de 2000, avec Karl Rove. Elle repose sur la
> technique du /micro-targeting : /il s’agit de consolider le maximum de
> bases de données existantes (bases électorales, commerciales,
> politiques) afin d’obtenir des données individuelles sur tous les
> électeurs. Ces données sont utilisées pour élaborer des messages
> personnalisés, notamment pour le porte-à-porte. La campagne Obama a
> atteint une nouvelle dimension dans le /micro-targeting. /Elle a investi
> massivement dans l’achat de fichiers (30 M$). Surtout, elle y a ajouté
> la collecte militante tout au long des primaires et de l’élection
> générale : les deux-tiers des informations proviennent de la campagne
> elle-même. A l’arrivée, il y a la création de la base de données la plus
> impressionnante jamais réalisée, /Catalist /: un fichier unique qui
> répertorie individuellement 220 millions d’Américains, avec jusqu’à 600
> informations par personne.
> …
> Dans les campagnes françaises locales, le porte-à-porte est
> systématique. Mais il est fait par le candidat ; on ne peut donc pas le
> répliquer à l’échelle nationale. Avec la campagne Obama, il est fait par
> les militants. Barack Obama invente ainsi une nouvelle communication
> politique
> « /grassroots /». Ce n’est pas un politicien ou un spécialiste de la
> politique qui vient s’adresser à l’électeur, mais quelqu’un comme lui,
> un citoyen de base. Mieux, le militant fait campagne dans son voisinage
> de proximité. Du coup, ce n’est pas un inconnu qui vient parler à
> l’électeur : c’est un ami, un membre de sa communauté, un voisin.
> Quelqu’un avec qui existe 0de ce fait un lien de confiance*. La
> communication se fait entre pairs* : c’est une communication « /peer to
> peer /». Cette communication a une efficacité exceptionnelle : les
> études de la campagne montrent qu’en porte-à-porte, on retourne une voix
> toutes les quatorze portes. La communication /« peer to peer » /repose
> toutefois sur un changement de mentalité politique fondamental :* faire
> confiance à ses militants*. On donne le pouvoir aux militants («
> /empowerment /») : ils parlent au nom de Barack Obama ; et ils ont une
> grande latitude pour adapter le message. Barack Obama a importé dans le
> monde politique le modèle de « /community organizing /» qu’il a pratiqué
> à Chicago lorsqu’il était travailleur social. Ce modèle, développé par
> le sociologue Saul Alinski et appliqué à la campagne par Marshall Ganz,
> vise à organiser les communautés de base (ouvriers à l’usine, habitants
> d’un quartier…) pour qu’elles prennent conscience de leur pouvoir et
> l’exercent pour défendre leurs intérêts.
>
> …*R**ECOMMANDATIONS POUR LA **F**RANCE **: **PROPOSITIONS POUR
> MODERNISER LA VIE*
> *DEMOCRATIQUE NATIONALE*
> Les innovations de la campagne de Barack Obama ont permis une formidable
> revitalisation de la démocratie américaine. *Terra Nova* a souhaité en
> tirer les enseignements pour le système politique français. Les
> campagnes sont un moment clé de notre vie démocratique. Elles assurent
> la sélection de nos dirigeants. Elles contribuent à définir la relation
> des citoyens au politique. Or, à bien des égards, dans ses modalités
> réglementaires et dans les techniques mises en oeuvre par les candidats,
> la campagne présidentielle française s’avère archaïque.
> Il est temps de la moderniser.
> Recommandations pour les partis politiques La revitalisation de la
> démocratie américaine passe par la mobilisation de masse. Une telle
> mobilisation est possible en France. On en a vu les prémisses avec les
> primaires socialistes de 2006. Pour qu’un parti y parvienne, il doit
> mettre en chantier cinq grandes réformes :
> * *
> */1. Créer un parti de masse/*
> Les partis français sont des partis d’avant-garde, où l’adhésion est
> filtrée, à la fois par le montant des cotisations d’adhésion et par les
> « rites initiatiques » autour de la vie de section.
> Ils ont beaucoup de sympathisants mais peu de militants. L’objectif est
> au contraire d’accroître le nombre des militants, de faire masse. Il
> faut pour cela «abaisser les barrières à l’entrée ».* Un bon levier est
> la diminution du montant des cotisations*. Les cotisations à tarif
> réduit de 2006 au PS l’ont montré : les « militants à 20€ ont afflué. Il
> faut aussi simplifier les adhésions en ligne et faciliter l’intégration
> des nouveaux militants, notamment dans les sections locales.
> */2. Introduire un système de primaire ouverte /*
> Une primaire est une procédure où le candidat à la présidentielle est
> sélectionné par un vote au suffrage direct de la base (et non par les
> instances nationales du parti). La primaire socialiste de 2006 était une
> primaire fermée, réservée aux militants. Elle a pourtant suscité un réel
> engouement. Une* primaire ouverte aux sympathisants démultiplierait cet
> effet de dynamique*. Dynamique électorale. La puissance de mobilisation
> de l’investiture de Romano Prodi par 4 millions de citoyens, ou d’Obama
> par 35, est incomparable à la désignation par 200.000 socialistes
> français. Et dynamique démocratique : une telle primaire répond au désir
> de participation citoyenne. L’exemple de la « primaire Veltroni » en
> Italie est révélateur : 3.5 millions de citoyens sont venus voter pour
> une élection sans enjeu réel – le choix, connu d’avance, du président du
> nouveau Parti démocrate, en dehors de toute échéance électorale.
> */3. Investir dans le militantisme de terrain /*
> La campagne de Barack Obama a montré la voie d’une révolution militante.
> Les partis français sont bien placés pour se l’approprier : ils sont
> déjà structurés à travers un réseau dense de sections locales. Pour
> cela, il faut :
> – Déployer des équipes professionnelles sur le terrain. Leur absence
> rend impossible la structuration d’une mobilisation militante. C’est une
> antienne de présidentielle : on ne sait pas quoi faire de ses militants.
> Une organisation de terrain similaire à celle de la campagne Obama est
> transposable: elle coûterait environ 5 M€, soit, comme pour Obama, 25%
> du plafond de campagne. Elle peut être gagée notamment sur la réduction
> du nombre des grands meetings de campagne, aux coûts exorbitants (près
> d’1 million d’euros par meeting) et à l’efficacité limitée.
> – Moderniser les méthodes militantes. Les méthodes actuelles (tractage,
> « pare-brisage », boitage) sont dépassées. Le tractage rapporte une voix
> tous les 100.000 tracts distribués – à comparer au ratio de 1 sur 14
> pour le porte-à-porte ! Il faut axer les campagnes sur le contact direct
> avec l’électeur, notamment sur le porte-à-porte par les militants.
> */4. Réorganiser le parti autour de son système d’information et du
> réseau social de ses militants/*
> Le militantisme de masse n’aurait pu voir le jour dans la campagne Obama
> sans internet pour gérer le « back office » de l’organisation. Tous les
> outils internet de la campagne Obama sont réplicables en France. Ainsi,
> l’organisation et le « système d’information » du parti doivent être
> construits autour de son site internet et du réseau social interne des
> militants : vidéos,
> mailings, mobile, présence sur les nouveaux médias et dans les réseaux
> sociaux externes.
> Terra Nova attire également l’attention sur le fait que rien, en droit,
> n’empêche aujourd’hui un parti de se doter de bases de données
> similaires à celle utilisée par Barack Obama.
> * *
> */5. Préparer la campagne en amont/*
> C’est, aussi, une des grandes leçons de la victoire de Barack Obama :
> une campagne ne s’improvise pas. Le Parti démocrate, sous l’impulsion de
> Howard Dean, a préparé la présidentielle pendant quatre ans. Il a pensé,
> réalisé et testé la plupart des outils de la campagne : un réseau social
> interne (« /party builder /»), préfiguration de /MyBO /; la présence sur
> les réseaux sociaux externes type /Facebook /; un programme de petits
> dons en ligne (/« democracy bonds /») ; un programme de porte-à-porte («
> /Neighbor to Neighbor /») qui a été intégré tel quel dans /MyBO /; la
> constitution de la base de données /Catalist /utilisée par Barack Obama.
> Howard Dean a aussi déployé le Parti démocrate dans tout le pays («
> /50-state strategy /») afin de mieux structurer le travail de terrain. »
>

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