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L’alternative de gauche à la mondialisation : un autre monde est possible et c’est urgent

Posté par goalexandre le 11 avril 2010

Intervention de Ségolène Royal à l’Université Candido Mendes (Brésil)

 

 

Leçon inaugurale de Ségolène Royal à l’Université Candido Mendes : l’alternative de gauche à la mondialisation

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L’alternative de gauche à la mondialisation : un autre monde est possible et c’est urgent dans conseil municipal 4507899025_eb055f9d25_m

Leçon inaugurale de Madame Ségolène Royal

Rio de Janeiro, le 8 Avril 2010 à l’Université Candido Mendes

 

 

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Mes chers amis, mes chers camarades, chers étudiants

 

C’est d’abord à vous, chers étudiants, que je veux m’adresser. Vous remercier d’être venus , ici, pour m’écouter.

Vous remercier pour cet esprit de recherche.

Vous êtes la jeunesse étudiante , vous êtes en partie l’avenir de ce pays.

Vous êtes cette génération de la crise, qui a grandi dans cette mondialisation dont je vais reparler, celle qui écrira les pages des 50 prochaines années.

Vous êtes la jeunesse qui se développe à cette croisée des chemins.

Quelle direction prendrons nous ensemble ?

Celle de la sagesse et de l’avènement d’une véritable civilisation humaine, garante des droits humains ?

Ou bien celle de la barbarie ?

C’est de nos choix de dirigeants mais aussi de votre apprentissage, de votre éthique, de votre morale que dépend en partie le monde qui vient.

 

Vous, la jeunesse étudiante brésilienne, mais plus largement la jeunesse du monde entier, vous êtes la chance des nations, d’où que vous veniez, quel que soit votre milieu social d’origine.

Chaque fois que je dialogue avec des jeunes, j’ai toujours envie de restituer ces très beaux encouragements donnés par Nelson Mandela à la jeunesse d’Afrique du sud, il y a quelques années, à l’université de Johannesbourg

« Soyez les auteurs de votre propre destinée et représentez vous comme les étoiles qui éclairent le chemin d’un avenir meilleur »

 

Je voudrais saluer tout particulièrement Candido Mendes, le recteur de cette université fondée par sa famille. Candido Mendès, je veux le dire ici, est un humaniste authentique. Et dans les mots et dans les actes.

 

J’ai lu avec beaucoup de passion le livre sur Lula et l’autre Brésil son ouvrage de dialogue intitulé «  le défi de la différence », Entretiens sur la Latinité » préfacé par Alain Touraine avec lequel j’ai écrit en 2008 un livre de dialogue « Si la gauche veut des idées » – cela nous fait un point commun.

 

Vous y décrivez le Brésil, et c’est très convaincant, comme le laboratoire d’un avenir possible à l’antidote à un monde globalisé au bénéfice des nantis. Vous montrez de façon très originale le Brésil de Lula l’éveil « d’un long sommeil austral », d’une puissance – continent bienveillante dressée contre l’hégémonie d’un seul monde, d’un seul modèle.

Je veux saluer, cher Candido Mendes votre indéfectible espoir qui porte votre action pour établir une véritable alliance des civilisations basée sur une nouvelle démocratie planétaire. Ce défi de la différence, cette dynamique entre la diversité et l’unité, vécu comme un enrichissement mutuel….

Candido Mendès vous êtes aussi un grand amoureux et connaisseur de la France.

Je veux vous remercier de jeter inlassablement, depuis des années, des ponts entre nos deux pays, vous vous qui êtes à la fois philosophe, juriste, sociologue, chercheur en science politique. J’ai eu la joie de vous recevoir à Poitiers, la capitale de la région que je préside, avec notre ami commun, le grand sociologue Edgar Morin, qui a créé à Poitiers son laboratoire des politiques de civilisation.

 

La dernière fois que je suis venue au Brésil c’est au Forum Social de Bélem en janvier 2009. Les hasards du calendrier ont fait se succéder en janvier deux évènements majeurs que j’ai voulu vivre sur place et dont, sur fond de crise globale, les leçons convergentes me frappent : l’investiture de Barack Obama et le Forum social mondial de Bélem, à l’occasion duquel j’ai également rencontré le Président Lula que je me réjouis de revoir demain.

 

J’ai vu, dans la capitale américaine, l’immense mobilisation populaire et l’espérance qui unissaient fraternellement des Américains de toutes origines, de toutes conditions, de tous âges ; leur fierté d’avoir contribué à élargir l’univers des possibles. J’ai vu, à Belém, l’exceptionnelle participation à ce Forum social : 130 000 citoyens engagés de 142 nations, 3 000 Indiens de tous les pays qui ont l’Amazonie en partage, la forte présence des délégations françaises. J’ai vu ces jeunes si nombreux, rétifs aux injustices et conscients d’habiter un monde commun, assoiffés de politique en phase avec son temps. J’ai vu la richesse des témoignages et des expériences éclairant trois grands thèmes transversaux : justice sociale, développement durable et démocratie participative. J’ai vu discuter ensemble toutes les gauches que l’on appelle là-bas « utopistes, révolutionnaires et réformistes » car, ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous sépare.

J’ai retiré de tout cela, un texte d’une soixantaine de pages « Obama, Lula, Forum social dix leçons convergentes (publié par la Fondation Jean Jaurès et que vous pouvez lire sur le site Désirs d’Avenir) et la première d’entre elle, c’est une phrase du Président Lula, l’une des premières remarques qu’il m’a faite lors de notre entretien à Belém : « Belém, c’est beaucoup plus sérieux que Davos !

On est là au cœur de notre sujet. La crise globale qui ébranle la planète disqualifie les donneurs de leçons, qui moquaient les mises en garde des altermondialistes et nous vantaient les charmes de l’Etat minimal, de l’abaissement des protections sociales, du productivisme prédateur et des prouesses des traders.

 

Oui, il est vrai qu’à Davos, on se contentait de constater les dégâts d’une crise générée avant tout par l’avidité du capitalisme financier sauvage, en évitant le moindre mea culpa, la moindre remise en cause du système, la moindre réforme de comportement, alors qu’à Bélem, on traçait des pistes pour des solutions.

 

Un an après, les traders touchent à nouveau leur bonus, les banques ont utilisé la puissance publique pour reconstituer leur capacité de nuisance, et recommencent, de plus belle, les mêmes montages financiers douteux, le même esprit d’enrichissement frénétique…. Rien ne semble avoir servi de leçon.

Oubliées, les images des émeutes de la faim, dans les rues de Bombay ou de Dakar ou du Caire

Oubliés, l’effondrement des empires financiers, à l’image de Lehman Brothers, les visages paniqués, les larmes des salariés licenciés.

Oubliées les entreprises qui ferment, les emplois qui disparaissent par milliers, en Amérique, en Europe, en Asie.

Les salariés broyés par les mâchoires de fer du capitalisme financier.

Comme si de rien n’était …

La voilà, la loi de fer de l’oubli, la déconnexion du réel, le retour du virtuel et de l’abstraction. 

Cela me fait penser à cette observation de Gandhi toujours d’actualité «  Il y a bien assez dans le monde pour satisfaire les besoins de tous mais pas assez pour satisfaire l’avidité de tous »

Je crois vraiment un autre monde possible, une alternative à gauche pour imposer le respect de l’être humain et de son environnement dans toutes les décisions politiques. Je vous propose cinq propositions à relever qui se traduisent par cinq lois du nouvel ordre mondial.

Première proposition : Faire de l’efficacité économique et de la justice sociale un couple inséparable

 Si je commence par cette première loi c’est parce qu’ici, dans le Brésil de Lula, nous avons le laboratoire de la fusion entre l’efficacité économique et justice sociale.

La preuve en est le très ambitieux « programme d’accélération de la croissance » que viennent de lancer le Président Lula et Dilma Roussef – dont j’admire l’itinéraire, le courage et l’efficacité – et qui met sur l’énergie et le social notamment les services publics de base : eau, électricité, tout à l’égout, éclairage, poste de santé, crèches, postes de police, soit 160 milliards d’euros dans les quartiers qui en sont démunis.

Le programme des maisons populaires « ma maison, ma vie » double et passe à 2 millions de logements d’ici 2014. « Le plan ce n’est pas un chiffre, un chantier ou une liste, c’est la transformation de l’argent public et privé en qualité de vie et développement » comme l’a très bien résumé Dilma Roussef.

Deuxième proposition : Réhabiliter le rôle de l’Etat

Qui eût cru que l’on discuterait aujourd’hui aux Etats-Unis de la nationalisation temporaire des banques ? Qui aurait pu imaginer que l’Etat américain plafonnerait d’autorité les rémunérations des plus hauts dirigeants des entreprises aidées par la puissance publique ? A l’aube de la révolution conservatrice, Ronald Reagan désignait le coupable : l’Etat. A l’aube d’un possible « post-libéralisme » qui ne se contente pas de panser les plaies et d’atténuer les chocs (ce qui, vu de France, serait toutefois appréciable !), c’est à la volonté politique de reprendre la main. Ce n’est pas d’Etat brancardier mais d’Etat anticipateur, porteur d’une vision à long terme de l’intérêt général, que les pays malmenés par la crise ont impérieusement besoin pour s’en sortir et surtout ne pas y retomber.

C’est une des significations majeures de la victoire d’Obama et de son plan de relance énergétique, auquel les Etats-Unis vont consacrer 5,6% de leur PIB – alors que la France et l’Europe peinent à mobiliser 1,5% de leur richesse produite. Ce qui frappe, dans les propos et les actes du président américain, c’est le rôle désormais stratégique de la puissance publique. L’important, a-t-il souvent dit, n’est pas de savoir si l’Etat est trop gros ou trop maigre, mais s’il remplit correctement ses missions. C’est pourquoi, ajoute-t-il, nous arrêterons ce qui ne marche pas et développerons ce qui marche, y compris en recrutant les fonctionnaires qualifiés dont nous avons besoin pour accompagner et contrôler les investissements et les programmes publics que nous lancerons. Affaiblis en France, les services publics renaissent au pays où la droite prétendit s’en passer au nom de la lutte contre « la bureaucratie fédérale » et de l’abandon du bien commun aux intérêts particuliers.

Ici, le Brésil a admirablement surmonté deux crises comme l’explique Alain Rouquié, ancien ambassadeur au Brésil et actuel président de la Maison de l’Amérique latine, dans son livre intitulé « le Brésil au 21ème siècle, naissance d’une nouveau grand » :

-   La crise de 2002, orchestrée par une droite prédisant le chaos si Lula était élu, qui vit l’affolement des marchés financiers et conduisit le pays au bord de la banqeroute. Lula compris que la priorité était à la restauration de la confiance et son Ministre des Finances, réussit un redressement spectaculaire.

Trois ans plus tard, le Brésil remboursait par anticipation sa dette au FMI et annonçait se passer désormais de ses coûteux services avant, plus récemment, de renflouer le FMI.

Il s’enorgueillit aujourd’hui que les prêts bonifiés de sa Banque Nationale du développement économique et social (BNDES) dépassent ceux de la Banque Mondiale ;

-  la crise de 2008 a laquelle le pays a particulièrement résisté et dont il est rapidement sorti, renouant après une brève récession avec une croissance de l’ordre de 5 %.

Les raisons de cet amortissement du choc : un système bancaire sain, non contaminé par les subprimes du fait de sa faible internationalisation et de règles prudentielles protectrices + des politiques contra-cycliques efficaces couplant un soutien à la consommation populaire (relèvement du salaire minimal et des retraites, élargissement des Bolsas Familia, desserrement du crédit et aides à l’équipement ménager des plus pauvres) et un programme soutenu d’investissements publics.

 

On voit bien par ces exemples que l’Etat n’est pas le problème mais au contraire une partie de la solution.

 

Troisième proposition : Accélérer la croissance verte

 

C’est le gisement d’emplois et de qualité de vie de demain. Ma conviction sur ce sujet ne date pas d’aujourd’hui. En 1992, j’étais à Rio, il y a 18 ans, ministre de l’Environnement qu sommet de la Terre ! Je suis une écologiste convaincue et active avec la priorité de l’excellence environnementale. En six ans, j’ai d’ailleurs fait de la région que je préside, la première région d’Europe pour le plan sur l’énergie solaire, soutenu la production de la voiture électrique de l’entreprise Heuliez, en faisant entrer la Région – cas unique en France – au capital de l’entreprise, développé fortement l’agriculture biologique, construit le premier lycée 100 % énergie propre, expérimenté le biocarburant dans les trains etc.

 

Tout cela pour vous dire qu’à Copenhague, où j’étais invitée en tant que présidente d’une région exemplaire (70 % des actions concrètes contre le réchauffement planétaire se font au niveau local), je peux vous dire, que Lula est apparu comme un grand leader…

 

Lula est apparu, alors que le Brésil est le 4ème plus gros émetteur de gaz à effet de serre, comme un grand leader du 21ème siècle appelant le monde à assumer sa responsabilité et donnant l’exemple avec les engagements pris dans la foulée par son pays.

Rompant avec le traditionnel discours de défausse sur les pays riches tout en soulignant leur responsabilité particulière, le Brésil a été, en décembre 2009, le premier pays émergent (ou récemment émergé) à s’engager aussi résolument dans la lutte contre le changement climatique puis à passer à l’acte en s’imposant unilatéralement à lui-même des objectifs ambitieux en dépit de l’issue décevante du Sommet.

 

Brillant, volontariste, sans notes, le discours de Lula à Copenhague a été plusieurs

fois interrompu par des applaudissements. Il a vivement dénoncé le G2 américanochinois, l’accusant de s’entendre sur le dos des 190 autres pays participants et de « ne prendre pour base que les réalités économiques de leurs seuls pays, sans tenir compte des responsabilités que nous devons assumer avec l’ensemble de l’humanité ».

 

Avec des propositions :

– réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50% d’ici 2050 (par rapport à

1990) ;

– création d’une Organisation mondiale de l’Environnement ;

– création d’un fonds apportant un soutien « nouveau et substantiel » aux pays

pauvres (Afrique en tête) et les plus vulnérables aux effets du changement

climatique (petits Etats insulaires notamment) car « c’est aux riches de financer les efforts de ceux qui ne le sont pas ».

 

Il a estimé aussi que, si chaque pays doit se mobiliser, il faut néanmoins faire la différence entre « les pays qui ont une politique industrielle depuis 150 ans » et ceux qui en sont encore à l’aube de leur développement. Il a annoncé que le Brésil était prêt à contribuer au financement de ce nouveau fonds d’aide à la participation des pays les moins riches à la lutte contre le changement climatique.

 

Joignant le geste à la parole, le Brésil a adopté en décembre 2009 une loi par laquelle il s’oblige à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 36% voire 39% à l’horizon 2020. Beaucoup d’autres sujets concernant l’environnement pourraient être abordés…

 

  

Quatrième proposition : définir et protéger biens publics mondiaux

La privatisation effrénée des services publics et la marchandisation croissante de tous les domaines de l’existence n’ont eu nulle part les effets vertueux que promettaient leurs partisans. Il y a plusieurs années, Ricardo Petrella, l’un des penseurs stimulants de l’altermondialisme, a théorisé la notion de « biens publics mondiaux », applicable par exemple à l’eau potable, à la santé, à l’éducation, à l’environnement, tous domaines justiciables d’autres logiques que celles de l’appropriation privée.

 

La droite nous dit, qui mieux que le marché peut valoriser ces domaines et en faire profiter le plus grand nombre ? On a vu !

 

Alors que des biens fondamentaux devraient être le patrimoine commun de l’humanité, on a vu, leur renchérissement, les ententes tarifaires et l’exclusion de ceux qui n’ont pas les moyens d’acquitter les nouveaux péages. On a vu les agriculteurs ligotés par les semenciers et les grandes entreprises promptes à breveter tout le vivant. Un exemple parmi bien d’autres : les prix pratiqués sur les médicaments par les trusts pharmaceutiques ont bafoué le droit à la santé et condamné les malades du sida dans les pays du Sud ; c’est la raison du bras de fer homérique qui a opposé le Brésil aux grands laboratoires, et de son engagement dans la fabrication de génériques qui en fait aujourd’hui, avec le renfort d’audacieuses politiques de prévention, un pays exemplaire en matière de lutte contre cette pandémie.

 

Le Forum social a abondamment débattu de l’accès à ces biens communs dont certains pourraient faire l’objet de financements issus d’une fiscalité mondiale encore balbutiante qui doit être imaginée et créée.

 

Comme le disent de longues dates les altermondialistes, « nos vies valent plus que leurs profits », ce qui, pour moi, ne signifie évidemment pas que tout profit soit illégitime, mais que ce n’est pas à l’aune de la rentabilité marchande que doivent s’apprécier les droits fondamentaux à garantir.

 

En 2010, du nord au sud, l’idée de biens communs de l’humanité, objets d’une responsabilité collective (le sens originel de « solidarité »…), a le vent en poupe, et c’est, pour le monde, une bonne nouvelle.


Cinquième proposition : la démocratie participative comme une condition de l’efficacité politique

 

Je suis partisane d’une proposition faite au Forum social : la possibilité, pour les clients comme pour les salariés des établissements bancaires, d’exercer eux aussi un droit de contrôle sur la manière dont les banques assument leur fonction d’intermédiation. Il en résulterait une dynamisation appréciable du crédit aux PME et une saine moralisation de la tarification bancaire ! D’une manière générale, les errements à l’origine de la crise renforcent l’exigence d’une association plus directe des citoyens aux décisions et au contrôle de leur application. C’est la condition d’un leadership légitime et d’une action publique efficace.

 

Nous sommes à la croisée des chemins, je le disais en préambule , à vous , la jeunesse de ce pays, et celle de tous les pays.

 

Nous avons les clés, nous avons la capacité d’opérer une véritable métamorphose selon le mot d’Edgar Morin, si nous avançons avec courage, si nous faisons inlassablement tomber la barrière des idées reçues, bien plus dure à briser que les barrières de pierres.

Pour cela, nous nous appuyons sur la plus belle des forces : la force citoyenne. Qui émerge partout sur la planète. Interpelle, questionne, revendique, propose. Et à laquelle, ici, au Brésil, vous avez offert et ouvert une démocratie participative authentique que j’ai également instaurée dans ma Région, à chaque échelon de la décision politique, qu’il s’agisse des budgets participatifs, des jurys citoyens, des forums. J’ai également fait toute ma campagne, présidentielle et régionale sur la base de cette démocratie participative.

Ce modèle que le Brésil a offert au monde.

Parce que nous croyons à la politique, Parce que nous croyons au pouvoir de la politique,

Parce que nous faisons de la politique.

Parce que nous sommes engagés dans des associations, des syndicats, des partis, des cercles de réflexions, parce que nous créons des valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité là où nous sommes.

Voilà la réalité, cachée derrière ces images qui nous découragent parfois.

La réalité, c’est que le 21ème siècle est le siècle des citoyens, de la parole citoyenne, de la force citoyenne.

Je crois à l’écoute des citoyens, à l’intelligence des citoyens, à la lucidité et au désir d’avenir des citoyens.

Je crois à cette force qui propulse, bouscule les gouvernants et impose la valeur humaine au cœur de toutes les décisions à venir.

Bien sur nous tâtonnons, nous cherchons, dans la confusion de l’époque mais je crois à la métamorphose, à la mutation positive.

 

Si nous sommes de plus en plus nombreux à agir.

 

L’accès au bien être, aux droits humains fondamentaux, se nourrir, habiter, s’éduquer, élever ses enfants suppose la sécurité chez soi et à l’international.

Le Brésil qui a inscrit dans sa constitution, l’interdiction d’utiliser l’énergie nucléaire à des fins militaires est exemplaire.

Je m’inscris totalement dans ce mouvement de dénucléarisation de la planète, auquel le Président Barack Obama a donné un élan supplémentaire, lors de son discours de Prague, il y a un an, en Avril 2009, à oeuvrer pour un monde sans arme nucléaire.

C’est une déclaration majeure qui fait déjà écho dans le monde et nous invite à repenser le rôle de chaque Etat dans sa diplomatie pour passer du siècle des destructions et des pires horreurs, ce 20ième siècle qui a coûté la vie à près de 100 millions d’êtres humains au siècle de la vie, dont nous voulons promouvoir l’avènement.

Rien n’est plus précieux que la paix civile, la paix économique, la paix sociale. Et on le sait, il n’y a pas de paix sans justice.

 

Voilà l’utopie réalisable à laquelle la gauche doit nous conduire, à travers le monde.


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Merci à Ségolène pour…Magnifique d’avoir fait cette forme de bilan qui  » clou le bec  » à ceux qui ont la mémoire sélective !

Posté par goalexandre le 10 mai 2009

 bonsoir a tous et a toutes

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Magnifique d’avoir fait cette forme de bilan qui  » clou le bec  » à ceux

qui ont la mémoire sélective !

 

Merci à Ségolène pour…

 

Par Lucide Radical le 10/05/2009

1992: Merci Ségolène pour la loi pour le recyclage des déchets. Merci pour la campagne contre le bruit dans les transports et les bâtiments publics.

1997-2000: Merci Ségolène pour l’interdiction des punitions collectives, le zéro de comportement ou encore le bizutage.

Merci pour le développement des ateliers de travail dans les ZEP (zones d’éducation prioritaire). Merci pour les crédits donnés, à l’école, pour des heures de soutien.

Juin 1998: Merci pour la défense des enfants victimes de violence; merci pour la loi de relative à la prévention et à la répression des infractions sexuelles ainsi qu’à la protection des mineurs. Merci pour le numéro SOS Violences. Merci pour la campagne contre les enfants victimes de racket.

Merci pour la revalorisation du rôle des infirmières scolaires. Merci pour la pilule du lendemain dans les lycées.

Merci pour la défense de la famille: merci pour les « entretiens Brancion » où chaque jeudi des sociologues, philosophes ou juristes viennent réfléchir et débattre.

Merci pour ces débats au cours desquels se pense l’élaboration de la réforme de l’accouchement sous X (désormais l’enfant devenu majeur, peut demander, sous certaines conditions, à connaître ses origines).

Merci pour cette exigence de conciliation entre vie familiale et vie professionnelle: merci pour les 20 000 places de plus dans les crèches et pour le congé paternité.

Merci pour le combat contre la pornographie et la violence sexuelle à la télévision.

Merci pour le développement des aménagements des transports en commun afin de faciliter leur accès aux personnes handicapées.

Merci pour le plan Handiscol. Désormais, il est plus facile de scolariser des enfants handicapés dans des écoles classiques ou adaptées.
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2004: merci pour votre élection dans une région qui semblait acquise à la droite. (Ségolène Royal met un point d’honneur de ne demander de l’aide extérieure à personne si ce n’est à François Hollande. Elle a même refusé de rencontrer Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn venus dans la région soutenir les candidats socialistes. Elle veut parvenir seule à la victoire.)

Ségolène Royal veut changer le paysage politique jusqu’alors gouverné par des notables et affirme qu’« un élu est là pour servir, pas pour se servir ».

Merci pour votre programme essentiellement centré sur le travail : faciliter l’accès au premier emploi pour les jeunes, résorber le chômage des femmes et des plus de 50 ans, installer de jeunes agriculteurs dans la région. Merci pour les crédits importants pour l’apprentissage et la formation. « Les bourses de la découverte » est donnée aux jeunes qui effectuent des stages à l’étranger dans le cadre de leurs études.

Merci pour la gratuité des livres scolaires…

et d’avoir utilisé la taxe sur les permis de conduire pour financer le permis des jeunes titulaires d’un CAP.

Merci pour la création d’ une charte qui engage les entreprises ayant bénéficier d’aides à ne pas délocaliser ni à licencier. Objectif: développer l’emploi dans sa région et cet accord a permis la création d’emplois. Merci pour les « bourses tremplins » permettant la création d’environ 200 entreprises.

Depuis 2006: merci pour les « forums participatifs » pour réfléchir avec les citoyens du Poitou-Charentes aux solutions à mettre en place.

Toutes ces mesures prises au niveau régional, peuvent être généralisées au niveau national, pour tout le pays, pour toute la France.

2006: merci pour l’espoir qui s’est levé avec les primaires pour la présidentielle de 2007. Merci pour ces débats démocratiques, si absents à droite.

( Le premier débat concerne les propositions économiques et sociales. Ségolène Royal souhaite en outre revenir sur la réforme des 35 heures et montre ainsi son indépendance vis-à-vis du programme socialiste. Le deuxième débat concerne les sujets de société et la conception du pouvoir. Ségolène Royal se distingue encore une fois en montrant l’intérêt de « la démocratie participative ». Selon elle, les citoyens sont les mieux placés pour parler politique et surtout proposer des initiatives et des réformes. En ce qui concerne les jeunes délinquants, elle propose un encadrement militaire dans des camps humanistes. Enfin, elle met un point d’honneur sur « les fondamentaux de la famille : protection, éducation, amour, transmission des interdits » et l’éducation qui « est la base de tout ». Le troisième débat enfin aborde les questions internationales. Ségolène Royal souhaite mettre en oeuvre les « lycées Kyoto » promouvant l’écologie. Il s’agirait de construire des lycées sans utiliser des énergies fossiles dans le but de réduire les gaz à effet de serre. Le premier d’entre eux ouvrira ses portes en septembre 2009 à Poitiers. En ce qui concerne le développement de l’Europe, il s’agit de lutter contre le chômage et de développer la recherche. Elle souhaite mettre en oeuvre une politique qui permettrait le retour des deux cents mille chercheurs partis à l’étranger faute de financements.
source: politique.net)

2007: merci pour cette première historique, qui est d’avoir vu enfin une femme accéder au second tour de l’élection présidentielle.

2008-2009: merci pour ce combat qui continue, votre pugnacité, l’atypisme de votre manière de faire de la politique et qui déroute les « éléphants » de gauche, du centre et de droite.

Merci pour vos voyages et vos réflexions que vous avez partagés avec nous sur les Etats-Unis depuis l’élection de Barack Obama, sur le Forum Social de Bélhem, sur votre présence en Guadeloupe et votre soutien aux travailleurs et à Elie Domota (dont un portrait a été effectué dans le dernier numéro du Nouvel Observateur), pour votre soutien aux salariés d’Heuliez et , plus généralement, à tous les salariés qui subissent les effets d’une crise qui, par ailleurs, semble profitable pour d’autres.

Merci pour ce remarquable discours de Dakar d’avril 2009, et qui rétablit un climat d’apaisement entre le monde occidental et l’Afrique, qui contient un « pardon » historique mais aussi des propositions audacieuses(http://www.lepost.fr/article/2009/05/08/1527923_segolene-royal-a-dakar-l…) .

Merci pour votre engagement dans la croissance verte, pour la création des UPC (Universités populaires et participatives de la connaissance), pour la fête de la Fraternité, pour ce magnifique livre « Femme debout » dans lequel j’ai trouvé une liberté de ton déconcertante, une lucidité à toute épreuve et un humour savoureux .

Et enfin, histoire de prendre mon pied en lisant les commentaires que j’imagine déjà (mais qui de ce fait, peut-être, seront absents, mais peu importe), merci pour ce grand discours que vous avez effectué au Congrès de Reims, ce congrès pourtant pathétique dans son déroulement et son issue… (c’est vrai que vous n’étiez pas très à l’aise au départ, mais quelle force par la suite!)

” Il est grand temps de rallumer les étoiles” Apollinaire.

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la Fraternité en débat. Notre Première Université Populaire

Posté par jeanluke le 1 mai 2009

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Notre première université populaire : la fraternité en débat Chères amies, chers amis, Notre première université populaire sur le thème de la fraternité, autour de Régis Debray et de nombreux intellectuels, a été un très vif succès.

Pendant quatre heures, nous avons écouté, appris et débattu.

Conformément à l’idéal de démocratie participative, je veux mettre l’excellence intellectuelle  et universitaire à la portée de tous. C’est pourquoi les universités populaires seront toutes consultables sur internet.Les prochaines sont déjà programmées, comme je l’ai rappelé hier en conclusion de notre travaux. Voici les thèmes et les dates : 

  • 18 mai : Quel avenir pour les relations Afrique-Europe ? (dans la continuité du discours prononcé à Dakar, avec de grands intellectuels africains) 
  • 13 juin : Débat sur la crise économique, sociale et financière, autour de Philippe Aghion, professeur d’Economie à Harvard. Nous ferons venir face à des économistes de haut niveau, des chefs d’entreprise de PME afin de confronter l’intérêt économique avec ce que vivent au quotidien les chefs d’entreprise et leurs salariés. 
  • 20 juin : Débat sur la démocratie participative, l’engagement et les valeurs. 
  • 28 juin : Débat sur la culture, piloté par Pierre Bergé. 
  • 2ème week-end de septembre : Fête de la Fraternité, à Montpellier. 


Et, en région Poitou-Charentes :
 

  • 29 mai : 5ème rencontre Europe-Amérique Latine, autour du réseau de démocratie participative. Théme : démocratie participative et Internet. A Poitiers. 
  • 1, 2 et 3 octobre : avec Edgar Morin, Université populaire sur les politiques de civilisation et les sept défis de l’avenir (Economie, Sociale, Politique, Education, Environnement, Pensée et Ethique). A Poitiers. 

Voir la vidéo de l’intervention de Ségolène Royal, hier, en cliquant sur l’image ci-dessous. 


 

A la veille du 1er mai, le lien entre l’actualité et le thème de la fraternité est évident, alors que les Français ont tellement soif de respect, de justice et d’efficacité dans l’action publique.Demain, je serai à Niort, aux cotés des salariés de la Région Poitou-Charentes qui se battent pour leur avenir, et particulièrement ceux d’Heuliez, qui attendent toujours de l’Etat la concrétisation des annonces faites pour permettre la production de véhicules électriques, ce qui pourrait non seulement sauver l’entreprise mais aussi donner un avenir à l’industrie automobile française. Il y a de la part du pouvoir une inertie incompréhensible au moment où on nous annonce que la Chine serait sur le point de produire la voiture électrique grand public (voir l’article des Echos d’hier, 29 avril) et où les Etats-Unis viennent de décider d’y consacrer 2,5 milliards de dollars.

Espérons que, partout, la mobilisation des salariés obligera le gouvernement à changer de politique.

Nous devons également soutenir le combat des salariés des Outre Mers, et en particulier ceux de Guadeloupe. Car comme me le confirmait Elie Domota, il y a quelques jours, aussi incroyable et irresponsable que cela puisse paraître de la part du gouvernement, la prime de 200 euros, qui a fait l’objet de la signature d’un accord, n’est toujours pas versée aux salariés. Pas même la part de l’Etat. Là encore, cette inertie est coupable. Elle nourrit l’exaspération qui risque de déboucher à nouveau sur des conflits sociaux plus graves.

Nous devons toujours nous rappeler à chaque événement, et en particulier lors de cette Fête du travail du 1er mai, comment nous nous inscrivons dans l’histoire. Il n’est jamais inutile de rappeler les grands événements qui nous ont précédés. Ils montrent que le progrès social a rarement été donné aux salariés mais qu’ils l’ont souvent obtenu grâce à un rapport de forces exigeant plus d’égalité. Pour mémoire, voici d’où vient cette date du 1er mai et quelle a été son histoire :

1884 : Le congrès des syndicats américains se donne deux ans pour obtenir la journée de 8 heures. Leur action débute le 1er mai.

1er mai 1886 : La pression syndicale permet à 200 000 travailleurs américains d’obtenir la journée de 8 heures. Mais beaucoup de patrons résistent. 340 000 travailleurs sont en grève dans tout le pays. Le 3 mai, une manifestation fait trois morts chez les grévistes.

20 juillet 1889 : La deuxième Internationale socialiste décide de faire de chaque 1er mai une grande journée de manifestations pour la journée de 8 heures.

1er mai 1890 : Célébration concomitante dans plusieurs pays. En France, les manifestants arborent le « triangle rouge » symbolisant la division de la journée en trois parts égales : travail, sommeil, loisirs.

1er mai 1891 : A Fourmies, cité industrielle textile de 15 000 habitants, en majorité ouvriers. Un appel à la grève est lancé, qui réclame la journée de 8 heures et la hausse des salaires. La manifestation devait être festive et pacifique. Les mots d’ordre sont : « C’est les 8 heures qu’il nous faut » et « C’est nos frères qu’il nous faut » (frères : fraternité…). Sous l’impulsion des patrons, le maire demande des renforts armés (compagnies d’infanteries). A 18h15, 150 à 200 manifestants font face à 300 soldats équipés du nouveau fusil Lebel. Les cailloux volent, les soldats tirent. 9 morts et au moins 35 blessés. Clémenceau rend hommage au « 4ème Etat qui s’est soulevé » et dénonce l’attitude des forces de l’ordre (même si, en 1906, il mobilisera la troupe contre les manifestations ouvrières…).
Après le drame de Fourmies, le 1er mai s’enracine dans la tradition des luttes ouvrières européennes.

1er mai 1936
: Deux jours avant le deuxième tour des élections législatives qui verront la victoire du Front Populaire.1947 : Le 1er mai devient jour chômé et payé pour tous les salariés sans conditions.

1948 : Officialisation de la dénomination « Fête du travail ».

Pour conclure, voici le témoignage révolté – relevé dans le Nouvel Observateur – d’Edouard Martin, représentant syndical CFDT d’Arcelor Mittal, entreprise emblématique du mépris subi par les ouvriers. Il y décrit un dialogue social déplorable, l’avidité des actionnaires et la parole politique non tenue, celle du Président de la République, bref, le gâchis lamentable d’un potentiel industriel :

« Comment ne pas en vouloir à ces dirigeants ‘’esclaves ‘’ de la finance, des fonds de pension, de la bourse ou autres banquiers mais qui font porter les chaînes à leurs salariés ?(…) La situation de la Maison France continue de se détériorer à grande vitesse (…) Les salariés abusés, écoeurés et morts d’inquiétude continuent de ‘’siffler’’ cette bien mauvaise partie. Oui, ils sifflent mais ce ne sont que des sifflets. Attention au jour où ils décideront de se mettre à… ‘’cracher’’ ».

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Ségolène Royal 

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